Divna Omaljev, Danaé et le complot de la main blanche (2016)

Je laisse la parole à Divna Omaljev qui a une belle publication à annoncer. Bravo à elle !

Je suis parisienne de naissance, mais réside depuis de nombreuses années en Allemagne. Après avoir exposé mes œuvres engagées (http://www.divna-omaljev.de) dans plusieurs musées féministes européens (Frauenmuseum Bonn, Aahrus, Krakowie), je me suis lancée dans l’écriture d’un cycle romanesque focalisé sur les femmes de sciences (mais pas uniquement), dont le premier volume vient de paraître aux édition Schruf & Stipetic, à Berlin (http://www.schruf-stipetic.de/). Le livre a été publié en français (langue originale) et en allemand (traduction).

L’intrigue du roman se déroule à la Renaissance. Il s’agit d’un thriller politique mais il y est principalement question de solidarité féminine et de nombreuses femmes illustres oubliées de l’histoire : Marguerite de Navarre, Dorothea Dante, Trotula /Trota de Salerno, Louise Labé, pour n’en citer que quelques exemples. Ma protagoniste découvre l’existence d’un monde parallèle, de culture matriarcale, dans lequel plusieurs idéologie féministes s’opposent. Mon roman est tout autant un livre d’aventure palpitant qu’une invitation à une réflexion plus profonde mais nécessaire sur le pouvoir.

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La quatrième de couverture : 1538. Une série d’attentats simultanés secoue les capitales européennes. Danaé, une femme médecin, s’engage à enquêter sur leur origine avec le chef de la police secrète, Donatien de Monthléri. Leur voyage mène la jeune femme au palais du sultan à Constantinople. Là, sous couvert d’assister Léandre Desanges, le nouveau chirurgien de François Ier, dans une opération inédite, elle poursuit sa mission. Ses recherches l’entraînent vers les profondeurs de la ville millénaire, sur les traces d’un ancien complot. Trahisons, ennemis puissants, intrigues politiques, ni rien ni personne n’empêchera Danaé de percer le secret de la Main Blanche.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire les premiers chapitres sur Amazon.

Je trouve ce livre très tentant, et vous ? J’en ferai peut-être une recension lorsque je l’aurai lu.

Hors-série n. 6 : Elizabeth Gaskell

Tandis qu’en France George Sand publiait Le Château des désertes (1851), en Angleterre, la romancière Elizabeth Gaskell publiait Cranford, en feuilleton, dans un magazine dirigé par Charles Dickens.

C’est un portrait pittoresque et condescendant des femmes de la campagne (ces « unwarlike Amazons« , p. 1), dans le village de Cranford, d’où les hommes, décédés ou partis travailler en ville, sont presque tout à fait absents. La narratrice, Mary, est entre deux mondes : elle se sent appartenir à cette société de Cranford, mais elle connaît également les goûts et les mœurs des grandes villes où elle habite la moitié de l’année. C’est l’entre-deux de l’instance narrative qui m’a le plus étonné. La coterie de Cranford est crispée sur les valeurs sociales de l’aristocratie anglaise que la narratrice regarde avec une ironie teintée de mélancolie, sachant fort bien que ces valeurs sont en voie de disparition face à celles de la bourgeoisie capitaliste.

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Le contraste de ces deux systèmes de valeur, le malentendu même, n’est nulle part plus sensible que lorsqu’une des femmes de Cranford fait faillite et que ses voisines se cotisent pour lui verser une pension. Le père de la narratrice, un honnête commerçant, qui vient aider à faire les comptes de cette pension, n’arrive pas du tout à donner un nom à l’acte de générosité aristocratique : « Confound it ! I could make a good lesson out of it if I were a parson ; but, as it is I can’t get a tail to my sentences – only I’m sure you feel what I want to say » (p. 199).

Une particularité quand même, les différents épisodes sont assez décousus et semblent surtout l’occasion de portraits de caractères, tendres ou satiriques.

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Son format de feuilleton a permis à ce roman d’être adapté en série TV en 2007 par Sue Birtwistle, avec les actrices ci-dessus, mais ce n’est pas la série qui me l’a fait connaître. C’est sur les rayons de la librairie anglaise Berkeley, à Paris, que je l’ai trouvé d’occasion, merci à la libraire ! Lire un roman en anglais est une excellente manière de ne pas oublier tout ce qu’on a appris de la langue.

D’autres avis sur Cranford le livre :

un avis documenté sur le site Chroniques d’Isil,

la recension très juste d’Eliza sur Lectures&Co,

l’avis déçu de Chocolatcannelle,

Et une étude en anglais sur The Victorian Web.

Sur Cranford la série, voir par exemple le blog Films en costumes.